Habitation pour deux familles, Lausanne, 1987-1992

Le projet est situé sur une colline structurée par les terrasses d'un ancien vignoble dominant le lac. Sur son sommet est bâtie une maison de maître dont le jardin n'a jamais été aménagé.

 

De construire dans le jardin de cette maison, le thème du projet est rapidement devenu celui d'en construire le jardin. Par son implantation le projet dessine le sommet de la colline. Le mur de soutènement établit la terrasse horizontale du jardin et accompagne l'accès au nouveau bâtiment. Celui-ci s'adosse au terrain et s'articule en deux volumes, chacun d'eux accueillant un appartement.

 

L'un perpendiculaire à la pente termine le mur de soutènement et offre sa toiture comme belvédère pour le bâtiment existant, l'autre parallèle à la pente dessine l'espace d'entrée au nouveau bâtiment. Tous deux bloquent la vue sur le panorama lacustre et concentrent l'attention sur les entrées. Dans les deux appartements, l'espace principal (séjour) est en haut pour bénéficier de la vue et garder une relation directe avec l'entrée. Les chambres sont placées aux étages inférieurs, elles ne cherchent plus le contact avec la grande dimension du panorama mais entretiennent une relation privilégiée avec le paysage rapproché du verger ou de la forêt.

 

L'architecture proposée transmet des sensations physiques simples. La construction tente de stimuler tous les sens en suscitant une expérience directe, immédiate de sa matérialité. Le traitement des ouvertures rend sensible les variations  dues au climat, aux saisons et aux heures du jour. Elle ancre le quotidien dans le rythme changeant de la nature.

 

L'utilisation du béton armé n'est pas un but en soi, mais le moyen de mettre en place les espaces et les vues recherchées. Dans ce cas il s'imposait par nécessité de soutenir la terre, mais aussi bien par son caractère archaïque s'alliant bien avec notre vision pour ce type d'habitat d'un lieu où l'on s'enracine , où l'on revient sans cesse.

Photos : Sylvie Margot